#53 - Les 7 phrases que j'entends en boucle sur les salons zéro déchet : et ce qu'elles disent vraiment de nous

Après presque deux mois d'absence sur le podcast, je suis revenue avec un épisode un peu particulier. Pas un tuto, pas une recette de produit ménager maison, pas une interview. Juste moi, mes souvenirs de dizaines de marchés et de salons zéro déchet en Normandie, et les phrases qui m'ont été répétées encore et encore derrière mon stand.

Parce qu'en fait, les salons, c'est bien plus qu'un lieu de vente. C'est un endroit où j'observe, j'écoute, et où j'apprends énormément sur ce que les gens ressentent vraiment face à l'écologie. Leurs peurs, leurs freins, leurs victoires aussi. Et ces phrases, anodines en apparence, en disent long.

J'en ai retenu 7. Quatre un peu moins agréables à entendre, trois qui font vraiment chaud au cœur.

1. "C'est joli, mais je peux le faire moi-même"

Oui. Absolument. Personne ne va vous dire le contraire.

Vous pouvez coudre votre propre éponge lavable, préparer votre liquide vaisselle maison, fabriquer vos lingettes démaquillantes. Internet regorge de tutos, et moi la première, je partage les dimensions de coupe sur le podcast et les réseaux. Une éponge lavable, c'est 11 x 15 cm. Une lingette démaquillante, c'est 12 x 12 cm. Voilà, c'est dit.

Mais vous pouvez aussi faire votre pizza vous-même. Votre baguette. Votre croissant du dimanche matin. La vraie question, c'est : est-ce que vous voulez le faire ? Est-ce que vous avez le temps, l'envie, l'énergie ?

Quand j'achète une décoration en crochet pour ma sœur qui vient d'avoir un bébé, je pourrais apprendre le crochet. Sauf que je n'ai ni le temps ni la passion pour ça. Et ça me fait plaisir de soutenir une créatrice que je connais et dont j'aime le travail.

Ce n'est pas une critique en soi. Ce qui compte, c'est le ton. Il y a une façon de le dire avec bienveillance, et une façon de le dire qui dénigre, même sans le vouloir. En face de vous, derrière ce stand, c'est un être humain qui a mis du temps, du soin, et souvent beaucoup de passion dans ce qu'il propose.

2. "C'est quand même cher pour une éponge"

C'est le classique. Le grand incontournable des salons zéro déchet. Et je comprends, vraiment.

Mais prenons le temps de faire le calcul, parce que l'argument du prix mérite d'être décortiqué honnêtement.

Mon liquide vaisselle est à 12 € le litre. Vous trouvez du Paic Citron à 2 € les 250 ml au supermarché. En apparence, l'écart est énorme. Sauf que 250 ml à 2 €, ça fait 8 € le litre. On passe d'un écart supposé de 10 € à un écart réel de 4 €.

Et ce litre à 12 € ? Il est dans un flacon consigné. Vous ne le payez qu'une fois. Dès le deuxième achat, vous me ramenez le flacon vide et vous ne payez plus que 11 €. On est donc sur 3 € de différence.

Ces 3 €, c'est quoi concrètement ? C'est dix ans de développement de recettes. C'est des ingrédients sains, sans perturbateurs endocriniens, sans phosphates. C'est une fabrication locale, artisanale. C'est une entreprise normande que vous soutenez directement : pas une multinationale.

Et un litre de liquide vaisselle fait facilement l'année chez moi. Combien de flacons de 250 ml achetez-vous en un an ?

Je ne dis pas que tout le monde a les moyens. Je ne le dis pas parce que moi-même, je n'ai pas les moyens de tout ce que je voudrais. Mais c'est aussi une question de priorités, pas seulement de budget. Et ça, c'est honnête de se le dire.

3. "J'aimerais bien, mais j'ai vraiment pas le temps"

Aller dans dix magasins différents pour trouver du bio, du local, du sans emballage... je comprends que ça décourage. Franchement.

Mais je suis là. Devant vous. Et sur aiguilleverte.fr, vous retrouvez tout au même endroit : mes produits ménagers, mes créations couture, et le savoir-faire de plusieurs créatrices locales que je sélectionne avec soin.

Les essuie-tout lavables sont déjà cousus. La lessive est déjà prête. Le liquide vaisselle aussi. Il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux d'implication.

Et puis soyons honnêtes : "je n'ai pas le temps", c'est souvent une façon polie de dire "ce n'est pas ma priorité en ce moment". Et c'est complètement ok. Moi aussi, je me dis parfois que je n'ai pas le temps de courir. Sauf qu'en vrai, je pourrais poser le micro et aller mettre mes baskets. C'est une question de choix.

Reformuler, c'est se faire du bien à soi-même : "ce n'est pas ma priorité pour le moment" est plus honnête et bien moins culpabilisant que "je n'ai pas le temps".

4. "Moi, l'écologie, je ne suis pas faite pour ça — j'ai arrêté"

Celle-là, je l'ai entendue lors du festival Écoute ta Planète à Auqueil-Auquillé. Ce qui m'a frappée, c'est le contexte : la personne qui me disait ça était sur un festival dédié à l'environnement. Elle ne réalisait pas à quel point ça en disait déjà beaucoup sur qui elle est.

Le découragement écologique, c'est quelque chose que je vois souvent. Et ça me fait vraiment de la peine. Pas parce que les gens abandonnent "ma cause", mais parce que c'est une souffrance inutile.

L'écologie n'est pas un examen. Ce n'est pas une compétition. Il n'y a pas de note, pas de podium, pas de mention passable ou insuffisante.

Personne n'est parfait. Moi la première. Et si ça existait, quelqu'un de parfaitement écolo, je pense que ce serait franchement épuisant à côtoyer.

On ne part pas tous du même point de départ. Comme en sport : quand on reprend la course à pied après une longue pause, on ne se compare pas à quelqu'un qui court des marathons depuis vingt ans. On se compare à soi-même d'il y a six mois.

Ce que je défends, c'est une écologie décomplexée, déculpabilisante, humaine. Un geste à la fois, à votre rythme, selon vos moyens et vos envies. C'est tout.

5. "Grâce à vous, je n'achète plus du tout d'essuie-tout jetable"

Et là, on passe aux phrases qui font vraiment chaud au cœur.

Isabelle m'a dit ça à Louviers, lors de la fête du printemps. Elle est maman d'ados, ils sont plusieurs à la maison — donc autant vous dire que les essuie-tout, ça part vite. Elle utilisait énormément de serviettes de table en papier notamment.

Il y a un an et demi, deux ans peut-être, elle a testé les essuie-tout lavables de L'Aiguille Verte. Et aujourd'hui, terminé le jetable. Elle a même craqué pour le motif bleu blanc rouge — si vous ne l'avez pas encore vu sur aiguilleverte.fr, allez y jeter un œil, il est vraiment chouette.

Ce qui me touche dans ce témoignage, c'est le mot "grâce à vous". Pas parce que j'ai besoin de la reconnaissance (enfin, un peu quand même, soyons honnêtes). Mais parce que ça prouve que ça marche. Que changer une habitude ancrée depuis des années, c'est possible. Et que parfois, il suffit d'un essai.

Mon conseil : ne commandez pas 40 essuie-tout d'un coup. Prenez-en deux. Posez-les sur votre plan de travail — pas dans un placard. Et testez un mois.

6. "Mes lingettes lavables ont trois ans et elles sont toujours là"

Marine m'a dit ça, elle aussi à Louviers. Elle a des jumeaux de trois ans. Elle a acheté ses premières lingettes lavables à leur naissance — pour nettoyer leurs fesses, puis leurs mains, leurs visages.

Trois ans de lavages intensifs. Trois ans de taches, de débarbouillages, de machines. Et elles sont toujours là, toujours fonctionnelles.

Si des lingettes lavables survivent aux fesses de deux bébés jumeaux pendant trois ans, je pense qu'on peut raisonnablement dire que c'est du solide.

C'est souvent le premier geste zéro déchet que les gens adoptent, justement parce que c'est simple : on remplace les cotons démaquillants ou les lingettes jetables par leurs équivalents lavables. On les met à la machine avec le reste du linge. C'est tout.

Marine avait déjà ses lingettes depuis longtemps quand je l'ai vue. Cette fois-là, elle est repartie avec de la lessive détachante en poudre — parce qu'avec des enfants, les taches d'herbe et de chocolat, ça ne pardonne pas.

7. "J'ai commencé par une éponge, et maintenant toute ma maison est passée au zéro déchet"

C'est la phrase qui résume tout ce que je défends depuis 50 épisodes de T'es Vert.

Une cliente — qui s'appelle Laure, comme moi — a commencé avec une éponge lavable. Une seule. Elle a aimé. Elle a continué. Produit après produit, geste après geste. Et aujourd'hui, sa maison est passée au zéro déchet. Elle commande maintenant avec sa maman.

C'est exactement ça, le chemin. Pas une révolution du jour au lendemain. Une éponge, une lessive, un essuie-tout, une habitude. Et on avance.

Je compare souvent ça aux vacances : le voyage fait partie des vacances. On ne saute pas directement à la destination. Et c'est bien ainsi.

Ce que j'ai appris après des dizaines de salons

Les gens ne cherchent pas la perfection. Ils cherchent à être rassurés.

Rassurés que c'est possible. Que ce n'est pas compliqué. Que d'autres l'ont fait avant eux. Que ça ne coûte pas forcément une fortune. Que personne ne va les juger s'ils ne sont pas parfaits.

C'est pour ça que les avis clients sur aiguilleverte.fr comptent tellement. Si vous avez déjà commandé, laissez un commentaire. C'est le meilleur moyen d'aider quelqu'un qui hésite encore.

Et si vous n'avez pas encore essayé (une éponge, une lessive, un essuie-tout) c'est par là que ça commence. Pas de pression. Pas de perfection requise. Juste un premier pas.

🎙️ Cet article est la retranscription enrichie de l'épisode #53 du podcast T'es Vert. Retrouvez tous les épisodes sur podcast.ausha.co/t-es-vert — disponible aussi sur Spotify et Apple Podcasts.

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